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La critique de Bastien : Chants of Sennaar

il y a 11 heures
3 min de lecture

Chants of Sennaar est un jeu indépendant développé par Rundisc, un studio français.

Il s'agit d'un jeu de traduction, ce qui peut sonner comme un style assez ennuyeux, mais ce n'est pas le cas ici.


Au niveau de l'histoire, vous vous réveillez à l'intérieur de la tour de Babel, celle du célèbre mythe. À chaque étages de cette tour vivent plusieurs peuples. On pourrait se dire que ces peuples qui cohabitent au sein d'un même lieu s'entendent bien, sont unis, mais ce n'est pas du tout le cas : la tour est divisée, et ce qui divise les peuples, outre les étages qui les séparent, c'est le langage. J'ai cru au départ que notre personnage appartenait au premier peuple, mais quand je me suis rendu compte, au bout de deux minutes de jeu, qu'on ne comprenait rien à ce qu'ils nous racontaient, j'ai compris. Notre personnage n'appartient à aucun des peuples de la tour, et c'est ce qui fait sa force. Il ne comprend aucun langage, mais il est aussi le seul capable de tous les apprendre pour permettre aux peuples de communiquer à nouveau.


Chants of Sennaar est très bon pour rendre le déchiffrage des langues amusant.

On doit comprendre ce que chaque symbole signifie en se servant du contexte. Parfois, ça se résumera à parler aux gens, d'autres fois, ce sera en jouant aux cartes, voire même en s'infiltrant. On se surprend assez vite à avoir hâte de découvrir de nouvelles langues et symboles, et la sensation est merveilleuse quand le jeu confirme vos théories. Ce qui est intéressant, c'est que la difficulté va crescendo. Au début, vous allez peut être réussir à comprendre, et vous prendrez sans doute la confiance. Et puis vous vous prendrez une nouvelle langue à la figure et là je vous souhaite bonne chance. Parce que chaque langue a un fonctionnement qui lui est propre. Par exemple, certains langages ont des symboles communs sur tous les glyphes désignant des verbes, ce ne sont pas seulement des traits placés aléatoirement pour créer une langue imaginaire, la démarche va beaucoup plus loin.

Pour ce qui est de la direction artistique, Chants of Sennaar a un style bien à lui. Chaque peuple a une palette de couleur bien précise, qui représente sa culture à la perfection. Ce qui est intéressant ici, c'est qu'on ne dépasse que très rarement les 5 couleurs présentes à l'écran, ce qui fait de Chants of Sennaar un jeu immédiatement reconnaissable dans un océan d'autres jeux avec plus de couleurs mais qui en viennent à tous se ressembler.

Il en va de même pour la musique. Elle est bien là mais contrairement à un jeu comme Outer Wilds, où la musique est omniprésente au point d'être une mécanique à part entière, elle se fait assez discrète pour ne pas poser de problème dans l'immersion. Et puis le plus important : la musique est vraiment bien.


Chants of Sennaar est donc très vite monté dans la liste de mes jeux préférés. Comme tous les jeux de cette liste, et contrairement à bien trop de triple A modernes, il croit en l'intelligence du joueur en ne le prenant pas par la main. Si vous voulez terminer Chants of Sennaar, vous n'aurez pas d'autre choix que de réellement jouer, et pas seulement d'avancer comme un robot vers la prochaine quête.


C'est donc une vraie pépite, qui lui a obtenu plusieurs distinction, et en plus, c'est français, donc je ne peux que vous conseiller de foncer tester ce jeu.


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